Osmose inverse à Méry-sur-Oise : l’enquête publique ouvre la voie à une eau plus pure
L’osmose inverse basse pression va faire son entrée dans les usines d’eau potable d’Île-de-France. L’enquête publique vient de rendre un avis favorable au déploiement de cette technologie à l’usine de Méry-sur-Oise, dans le Val-d’Oise, et à celle de Choisy-le-Roi dans un second temps. Pour le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF), c’est une étape décisive vers une eau débarrassée du calcaire, du chlore et d’une large gamme de micropolluants.
Une modernisation rendue urgente par le vieillissement des membranes
L’usine de Méry-sur-Oise n’est pas la plus grande des trois sites de production du SEDIF, mais elle est de loin la plus avancée techniquement. Fortement rénovée en 1999, elle produit en moyenne 165 000 m³ d’eau par jour, couvrant les besoins de quelque 800 000 habitants répartis sur 57 communes du nord de la région parisienne.
Depuis cette première rénovation, l’usine utilise déjà la nanofiltration membranaire. Or les membranes installées à l’époque approchent de la fin de leur durée de vie technique — environ huit ans — et ne sont plus commercialisées par leur fournisseur. Les commissaires enquêteurs ont parlé d’une « nécessité technique immédiate » : leur remplacement est impératif d’ici fin 2026 ou 2027 au plus tard. Plutôt que de les remplacer à l’identique, le SEDIF a saisi l’occasion pour franchir un palier supplémentaire en adoptant l’osmose inverse basse pression.
Ce que change la filtration membranaire haute performance
Le projet, baptisé « filtration membranaire haute performance » (FMHP), est porté par le SEDIF depuis 2015 dans le cadre de sa délégation de service public confiée à Veolia. Il associe nanofiltration et osmose inverse basse pression pour atteindre un niveau de traitement que les filières classiques ne permettent pas d’atteindre. À Méry-sur-Oise, la transition sera relativement simple : l’infrastructure existante est compatible, seules les membranes changent. Les travaux ont été confiés à Franciliane, filiale de Veolia, pour un investissement de 30 millions d’euros, et doivent démarrer après l’été, une fois les autorisations environnementales et sanitaires obtenues.
- Élimination des micropolluants émergents
- L’un des objectifs centraux est d’écarter les PFAS (substances perfluoroalkylées), les résidus médicamenteux et les métabolites de pesticides, pour lesquels les procédés actuels montrent leurs limites.
- Une eau adoucie au robinet
- La réduction du calcaire est attendue par de nombreux usagers : elle prolonge la durée de vie des appareils ménagers et génère des économies d’énergie au quotidien.
- Moins de chlore dans le réseau
- Une eau mieux filtrée à la source nécessite moins de chloration avant distribution, ce qui améliore directement son goût et ses qualités organoleptiques.
- Un surcoût maîtrisé pour les consommateurs
- L’impact sur la facture d’eau est estimé à environ 40 centimes d’euro supplémentaires par mètre cube d’ici 2032, soit une hausse d’environ 4 euros par mois pour un foyer.
Des rejets dans l’Oise au cœur des inquiétudes
L’osmose inverse produit inévitablement des effluents concentrés, appelés concentrats, qui contiennent les substances retenues lors de la filtration. Le déversement de ces rejets dans l’Oise constitue, selon l’enquête publique, le principal point de vigilance soulevé par les contributeurs.
Face à ces préoccupations, le SEDIF a pris plusieurs engagements. Le traitement du phosphore contenu dans les réactifs est d’ores et déjà prévu, avec une valorisation agricole à la clé. Par ailleurs, 1 % du produit des ventes d’eau sera consacré à la recherche et au développement, notamment pour tester sur site des technologies émergentes permettant de traiter ces refus membranaires directement à la source.
Un signal fort pour la filière de traitement de l’eau
Le cas de Méry-sur-Oise illustre une évolution profonde des standards de qualité de l’eau potable. À mesure que la science identifie de nouveaux contaminants dans les ressources naturelles, les exigences de traitement s’élèvent. Les techniques membranaires comme l’osmose inverse, nées pour le dessalement de l’eau de mer ou les applications industrielles, entrent désormais dans le quotidien des services publics d’eau potable.
Cette même logique s’applique à l’échelle domestique et professionnelle. Face à une eau dure, chlorée ou chargée en résidus indésirables, des systèmes de filtration adaptés permettent d’améliorer sensiblement la qualité de l’eau consommée et de protéger les installations. Choisir la bonne solution suppose d’abord d’analyser précisément la composition de l’eau à traiter et les usages auxquels elle est destinée.